Quelque 1000 patients atteints de cataracte bénéficieront d’une prise en charge chirurgicale entièrement gratuite le samedi 23 mai 2026, dans le cadre de la deuxième Journée nationale de la santé oculaire. Une opération médicale d’ampleur nationale, pilotée conjointement par le ministère de la Santé et l’association One Day One Dream, qui mobilise à la fois le secteur public et le secteur privé à travers l’ensemble du territoire tunisien.
Une mobilisation nationale sans précédent pour la santé visuelle
C’est le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, qui a présidé lundi une réunion de coordination consacrée aux derniers ajustements organisationnels avant cet événement. Selon un communiqué officiel du ministère, les interventions chirurgicales se dérouleront simultanément dans plusieurs régions du pays, impliquant 28 établissements publics de santé et 20 cliniques privées. Une configuration hybride qui témoigne d’une volonté de dépasser les clivages habituels entre médecine publique et privée pour répondre à un besoin de santé collectif.
La journée cible en priorité les détenteurs de cartes de soins à tarif réduit, une population souvent contrainte de reporter des actes médicaux faute de moyens suffisants. La cataracte, pathologie qui trouble progressivement la vision jusqu’à provoquer une cécité partielle ou totale, touche particulièrement les personnes âgées et les catégories sociales les plus vulnérables. Sans intervention chirurgicale, les conséquences sur l’autonomie et la qualité de vie peuvent être sévères.
Au-delà des actes opératoires eux-mêmes, la prise en charge couvre également la fourniture gratuite des lentilles intraoculaires et des médicaments nécessaires, ainsi qu’un suivi post-opératoire structuré. Des dispositifs de transport et d’hébergement seront en outre mis à disposition des patients dont la situation géographique ou personnelle le requiert, afin d’éviter que la distance ou l’isolement ne constituent un obstacle supplémentaire à l’accès aux soins.
One Day One Dream, un partenariat associatif au cœur du dispositif
Fondée sur un modèle de coopération entre acteurs publics, professionnels de santé volontaires et société civile, cette initiative doit beaucoup à l’engagement de l’association One Day One Dream. Cette organisation, qui a déjà porté une première édition de la journée nationale de santé oculaire, s’est imposée comme un interlocuteur clé pour les autorités sanitaires tunisiennes sur les questions d’accès aux soins ophtalmologiques.
Le principe est simple mais exigeant logistiquement : concentrer en une seule journée un maximum d’interventions chirurgicales sur l’ensemble du territoire, en fédérant des compétences médicales dispersées et des structures hospitalières de capacités variables. La coordination entre les 48 sites participants — publics et privés confondus — représente un défi organisationnel considérable, qui nécessite une préparation minutieuse en amont.
Les modalités pratiques concernant l’orientation des patients vers les établissements participants et les procédures d’inscription seront communiquées dans les prochains jours par les structures régionales de santé compétentes. Les personnes susceptibles de bénéficier de cette campagne sont invitées à se rapprocher de ces instances pour obtenir les informations nécessaires à leur prise en charge.
Un droit aux soins réaffirmé comme priorité de santé publique
Lors de la séance de travail présidée lundi, Mustapha Ferjani a insisté sur la dimension symbolique et politique de cette initiative. Le ministre a qualifié cette démarche de « concrète pour redonner la vue et améliorer la qualité de vie », soulignant que chaque citoyen, indépendamment de ses ressources financières ou de sa localisation géographique, a droit à des soins sécurisés, accessibles et de qualité.
Cette déclaration s’inscrit dans un contexte plus large où le système de santé tunisien fait face à des tensions structurelles : déserts médicaux dans certaines régions intérieures, inégalités d’accès aux spécialistes, coût parfois prohibitif des actes chirurgicaux dans le secteur privé. La journée du 23 mai tente, au moins partiellement, de répondre à ces fractures en proposant une offre de soins déconcentrée et gratuite.
La cataracte est, rappelons-le, l’une des principales causes de déficience visuelle dans le monde et en Tunisie. L’Organisation mondiale de la santé estime que cette pathologie représente plus de 50 % des cas de cécité dans les pays à revenus intermédiaires. La chirurgie correctrice, bien que techniquement accessible et largement maîtrisée, reste hors de portée financière pour une partie significative de la population tunisienne lorsqu’elle n’est pas prise en charge dans le cadre public.
En associant un réseau aussi large d’établissements — 28 hôpitaux et centres publics auxquels s’ajoutent 20 cliniques privées — les organisateurs cherchent à maximiser le nombre de patients opérés en une seule journée, tout en garantissant une répartition géographique équilibrée des interventions. Cette logique de couverture territoriale est l’une des clés du dispositif, qui vise à ce qu’aucune région ne soit laissée à l’écart de cette mobilisation nationale.
Selon Espacemanager, qui a relayé les informations issues du communiqué officiel du ministère de la Santé, les détails opérationnels seront précisés région par région dans les jours précédant l’événement. Les structures de santé régionales joueront un rôle central dans la coordination locale, notamment pour l’identification des patients éligibles et leur orientation vers les établissements les plus adaptés à leur situation.

