UNOPS en Tunisie : 20 ans de partenariat, 18 projets actifs

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Vingt ans après l’ouverture de son bureau à Tunis, l’UNOPS célèbre deux décennies d’engagement aux côtés de la Tunisie avec un portefeuille de 18 projets actifs couvrant des secteurs aussi variés que la santé, le transport et l’économie. C’est dans ce contexte que Jorge Moreira da Silva, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur exécutif de l’UNOPS, a effectué une visite officielle en Tunisie le 13 mai 2026, marquant une étape symbolique pour une coopération que les deux parties qualifient de solide et tournée vers l’avenir.

Un anniversaire qui invite au bilan et à la projection

Le point de presse organisé au siège de l’UNOPS à Tunis a réuni plusieurs responsables onusiens, dont Rana Taha, Coordinatrice résidente des Nations Unies en Tunisie. Dans une déclaration accordée à Réalités Online en marge de l’événement, elle a tenu à souligner la nature profonde de ce partenariat, qu’elle décrit comme ancré dans la confiance mutuelle et dans une lecture commune des priorités de développement nationales.

Pour Rana Taha, ce vingtième anniversaire représente bien plus qu’une commémoration. Il constitue un moment propice pour mesurer le chemin parcouru, identifier les programmes les plus efficaces et définir les axes de coopération à renforcer. Elle insiste sur le fait que la réussite de cette collaboration repose sur trois piliers : une coordination permanente entre les parties prenantes, une capacité d’adaptation aux besoins évolutifs du pays et un alignement rigoureux avec les objectifs que la Tunisie s’est fixés en matière de développement.

Cette vision partagée, selon elle, explique la durabilité d’un partenariat qui a traversé différentes phases politiques et économiques tout en maintenant sa cohérence opérationnelle. La Coordinatrice résidente a insisté sur le fait que le système des Nations Unies en Tunisie ne se positionne pas comme un donateur extérieur, mais comme un partenaire intégré dans les dynamiques nationales.

18 projets actifs entre État, secteur privé et organisations partenaires

Jorge Moreira da Silva a détaillé lors de cette rencontre l’étendue de l’engagement actuel de l’UNOPS sur le territoire tunisien. Dix-huit projets sont en cours d’exécution, mobilisant à la fois les administrations publiques, des acteurs du secteur privé et des organisations partenaires. Une configuration qui reflète la volonté de l’UNOPS de travailler en synergie avec l’ensemble des forces vives du pays plutôt que de fonctionner en circuit fermé.

Durant son séjour, le Directeur exécutif a multiplié les rencontres avec plusieurs membres du gouvernement tunisien. Les échanges ont impliqué les ministères des Affaires étrangères, de la Santé, de l’Économie et de la Planification, ainsi que celui du Transport. Ces discussions n’ont pas uniquement porté sur un état des lieux administratif : elles ont permis d’identifier les initiatives affichant les meilleurs résultats, d’examiner les mécanismes susceptibles d’en amplifier l’impact et de poser les bases d’une coordination opérationnelle plus fluide.

Au-delà des projets déjà en cours, Jorge Moreira da Silva a évoqué la volonté d’élargir le champ de la coopération à de nouveaux domaines stratégiques. Les énergies renouvelables figurent en bonne place parmi les pistes explorées, tout comme les projets liés à l’adaptation au changement climatique. Le responsable onusien a également mentionné l’ambition d’intégrer davantage les dimensions numériques et technologiques dans les futurs programmes, en phase avec les besoins de transformation structurelle que connaît le pays.

Des perspectives vers le climat et le numérique

Cette ouverture vers de nouveaux secteurs traduit une évolution dans la conception même du partenariat. Si les premières années de présence de l’UNOPS en Tunisie se sont concentrées sur des projets d’infrastructure et de renforcement institutionnel, la prochaine phase semble vouloir intégrer les grands défis transversaux du moment : transition énergétique, résilience climatique et économie numérique. Des enjeux qui correspondent aux priorités que la Tunisie cherche elle-même à inscrire au cœur de sa stratégie de développement à moyen terme.

La santé, vitrine d’une coopération à fort impact

Parmi les secteurs d’intervention, c’est la santé qui a retenu le plus l’attention lors de cette visite. Jorge Moreira da Silva l’a présentée comme l’exemple le plus parlant de ce que peut produire une coopération bien conçue et bien exécutée entre l’UNOPS et les autorités tunisiennes. Les projets menés dans ce domaine ne se limitent pas, selon lui, à une portée nationale : ils s’inscrivent dans une vision continentale visant à moderniser les infrastructures sanitaires à l’échelle africaine et à y intégrer des technologies de pointe.

L’illustration la plus frappante de cette ambition reste l’installation du robot chirurgical Revo-i à l’hôpital Charles Nicolle de Tunis, opérée fin 2025. Ce projet, conduit dans le cadre d’un partenariat entre l’UNOPS et la Banque mondiale pour le renforcement des capacités hospitalières tunisiennes, a fait entrer la Tunisie dans une nouvelle ère médicale. Le robot Revo-i est présenté comme le premier système de chirurgie robotique déployé dans un établissement public africain, une distinction qui positionne Tunis comme un pôle d’innovation sanitaire sur le continent.

Cette avancée ne relève pas seulement du symbole. Elle traduit une volonté affirmée d’élever le niveau technique des hôpitaux tunisiens pour répondre à des pathologies complexes avec une précision accrue, une réduction des risques opératoires et des temps de récupération plus courts pour les patients. Pour l’UNOPS, ce type d’initiative illustre la manière dont l’organisation entend contribuer au développement : non pas en substituant des capacités locales, mais en les renforçant et en les propulsant vers de nouveaux standards.

La santé reste ainsi un secteur emblématique de ce que vingt ans de coopération ont permis de construire entre l’UNOPS et la Tunisie : une relation de confiance capable de se traduire en projets concrets, mesurables et porteurs d’une transformation durable pour les populations.

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