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Les inquiétantes « opérations de reconnaissance » de la Russie dans les pays de l’Otan

Par Salim B.
31 mars 2026
dans Monde
Les inquiétantes « opérations de reconnaissance » de la Russie dans les pays de l’Otan
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DÉCLASSIFIÉ. Une très sérieuse étude dévoile la façon dont Moscou et l’unité 29155 du renseignement militaire russe « testent » les nombreuses faiblesses logistiques de l’organisation pour se préparer à un conflit armé.

Un entrepôt en flammes dans l’est de Londres, des câbles ferroviaires sectionnés dans un tunnel allemand, des caméras espions dissimulées le long des voies ferrées polonaises, des systèmes de signalisation paralysés en République tchèque… Depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, une vague croissante d’actes de sabotage frappe le cœur industriel et logistique de l’Europe.

Le phénomène est largement documenté. Et la Russie systématiquement pointée du doigt, sans que l’on comprenne toujours la cohérence de ces attaques. Certaines relèvent davantage du vandalisme, d’autres d’opérations sophistiquées.

Une étude tout à fait stimulante publiée il y a quelques jours par le RUSI, le Royal United Services Institute for Defence and Security Studies et la chercheuse Emily Ferris, l’une des meilleures spécialistes en Europe sur l’armée russe, dresse une analyse tout à fait lumineuse de ces incidents à répétition.

Moscou teste les fragilités de l’Otan

Selon cette étude financée par le Russia Strategic Initiative (RSI) et l’US European Command, le centre de commandement de l’armée américaine en Europe, il ne s’agit pas pour la Russie de créer un simple désordre. Mais plutôt de « tester » les infrastructures de l’Otan et de mesurer ses failles béantes.

Ces actions ne sont en effet pas seulement destinées à « faire du bruit » ou à démontrer que malgré l’expulsion de 400 agents russes de l’UE depuis 2022, la Russie a encore son mot à dire dans la partie ouest du continent. Elles n’ont pas non plus pour but de faire passer un message qui pourrait être celui-ci les Européens n’ont pas à se mêler du conflit ukrainien ou qu’ils devraient cesser leur soutien à Kiev.

Avec ces attaques, Moscou sonde et teste d’abord les fragilités logistiques de l’Otan. Ces actes de sabotage ont en effet mis en lumière des vulnérabilités structurelles de l’organisation qui, en cas de conflit ouvert, pourraient s’avérer fatales. C’est le principal enseignement de cette étude.

La Pologne et l’Allemagne particulièrement frappées

Si aucun des pays membre de l’Alliance atlantique n’est épargné, l’étude montre d’abord que certains sont frappés avec une insistance particulière. À commencer par l’Allemagne et la Pologne. L’étude revient ainsi sur l’incendie de plusieurs véhicules militaires de l’Otan en juin 2025 à Erfurt, le sabotage de deux liaisons ferroviaires majeures ou encore la tentative d’assassinat visant le PDG de Rheinmetall, le géant allemand de l’armement. En Pologne, elle relève l’installation de caméras de surveillance le long des voies ferrées acheminant l’aide militaire vers l’Ukraine. Et plusieurs incendies très importants.

Dans les cas qui ont pu être documentés par les enquêtes de police, la méthode est toujours la même : des exécutants locaux, souvent recrutés sur les réseaux sociaux, ignorant parfois qui finance réellement leur mission. Des opérations qui restent sous le seuil du casus belli, mais qui s’en rapprochent dangereusement.

L’étude pointe du doigt une unité des services secrets militaires russes, le GRU et son Unité 29155, spécialisée dans les opérations perturbatrices. Une cellule particulièrement active ces dernières années, à Cuba, lors de l’affaire Skripal ou à Madagascar.

« Déjà en guerre » ?

L’étude montre d’abord comment le sabotage est une arme traditionnelle de la guerre froide. Et comment celui-ci est inscrit dans la doctrine militaire russe. Cette technique destinée à affaiblir l’adversaire porte même un nom, la diversiya : une action soigneusement planifiée, menée par un groupe ou un individu, pour neutraliser des cibles stratégiques aussi bien en temps de paix qu’en temps de guerre. Incendies criminels, explosions, ciblage d’infrastructures critiques, élimination d’individus.

« La diversiya est un acte de guerre qui ne dit pas son nom » avance Emily Ferris, pour qui « Moscou est passé, depuis 2022, d’un sabotage de basse intensité à une diversiya active et assumée avec les financements et le personnel que cela implique. Le Kremlin considère, comme l’indiquent clairement ses responsables, qu’il est déjà en guerre avec l’Otan ».

Après 2022, environ 400 agents du GRU travaillant sous couverture diplomatique dans les ambassades européennes ont été démasqués et expulsés. La réponse de Moscou : reconstruire ses réseaux en s’appuyant sur des intermédiaires locaux – criminels, militants radicaux, opportunistes recrutés sur Telegram – qui offrent au Kremlin une distance stratégique et un déni plausible.

Autre particularité de ces sabotages : « la Russie excelle dans l’art du miroir », note encore l’étude. Moscou accuse en effet régulièrement l’Otan de pratiquer exactement ce qu’elle fait elle-même. En novembre 2025, le Service de renseignement extérieur russe (SVR) affirmait que les Occidentaux préparaient un « sabotage majeur » de la centrale nucléaire de Zaporijia. Quant au chef du SVR, Sergueï Narychkine, il imputait aux services britanniques l’explosion des gazoducs Nord Stream (en mer Baltique).

1,7 milliard d’euros pour la défense de l’UE

Première inquiétude notée dans l’étude : la fragilité des infrastructures ferroviaires. « En cas de conflit sur le flanc oriental de l’Alliance, selon l’étude, les réseaux ferroviaires européens constitueraient la colonne vertébrale du réapprovisionnement militaire. » Or, ce réseau est criblé de failles. Les écartements de rails varient d’un pays à l’autre, obligeant à des transbordements chronophages aux frontières.

La coordination transfrontalière est laborieuse. L’interopérabilité numérique entre États membres est défaillante. Le matériel roulant à double usage civil-militaire est rare – seuls la France, l’Allemagne et les Pays-Bas disposent de wagons militaires adaptés. Et les exercices de l’Otan en Roumanie, en octobre 2025, ont révélé qu’assembler des troupes sur une ligne de front orientale pourrait prendre des semaines – une éternité en temps de guerre.

L’Union européenne a bien prévu 1,7 milliard d’euros dans sa feuille de route pour la préparation de la défense à l’horizon 2030 pour moderniser les corridors ferroviaires. Mais les compagnies ferroviaires estiment qu’il faudrait en réalité au moins 100 milliards d’euros pour atteindre les standards militaires requis. Pour les Russes, en cas de conflit, les goulots d’étranglement du réseau ferroviaire seraient des cibles rêvées. Tunnels, ponts, hubs logistiques, entrepôts de stockage : autant de points fixes que la Russie a déjà commencé à cartographier et à cibler.

L’humain comme maillon faible

Un engin explosif improvisé dans un tunnel, des débris sur une voie, un système de signalisation piraté : il suffit de peu pour paralyser temporairement un réseau. Une attaque coordonnée sur plusieurs nœuds simultanément, couplée à des frappes sur les entrepôts en bout de chaîne, pourrait provoquer une disruption d’une tout autre ampleur.

Le facteur humain est, selon l’étude, le maillon le plus faible. « Les chaînes d’approvisionnement reposent sur des milliers d’employés – planificateurs de trains, agents logistiques, techniciens de maintenance – dont certains peuvent être approchés, corrompus ou manipulés. Le GRU l’a bien compris, lui qui recrute ses proxys locaux principalement par appât du gain. »

Dernier point soulevé par l’étude : les routes d’approvisionnement vers l’Ukraine transitent obligatoirement par la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie. Or la Hongrie, dont les relations avec Moscou restent pragmatiques, a choisi de déprioriser ses investissements ferroviaires. Un convoi militaire traversant plusieurs pays membres doit encore obtenir des autorisations qui peuvent prendre plusieurs jours. Enfin, il n’existe aucun organisme centralisé au sein de l’Otan pour superviser la mobilité militaire à l’échelle de l’Alliance.

En clair, les attaques russes contre les infrastructures ne sont que le prélude à un conflit beaucoup plus vaste selon l’étude du RUSI. « Ce sont des exercices de reconnaissance ».

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