Le 3 mai 2026, journée mondiale dédiée à la liberté de la presse, Amnesty International Tunisie a annoncé la relance de son prix média annuel sous un nouveau nom : le Prix Amnesty – Kamel Labidi. Un hommage à cette figure emblématique des droits humains, ancien directeur de la section tunisienne d’Amnesty et premier président de l’Instance nationale pour la réforme de l’information et de la communication (Inric), décédé ces dernières années.
Un héritage érigé en symbole de résistance
En choisissant de baptiser ce prix du nom de Kamel Labidi, l’organisation entend perpétuer la mémoire d’un homme dont toute la carrière a été marquée par la défense de l’indépendance des médias et de l’intégrité journalistique. Son parcours, selon Amnesty International Tunisie, incarne un rappel fort : exercer le journalisme n’est pas un délit, mais une nécessité pour toute société aspirant à la justice. La cérémonie de remise des prix sera désormais fixée au 17 janvier, date anniversaire de la disparition de Kamel Labidi, transformant ainsi un moment de deuil en acte de transmission et de résistance collective.
Criminalisation de la parole : Amnesty tire la sonnette d’alarme
Ce lancement s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu. Amnesty International Tunisie pointe du doigt le recours au décret-loi n°54 et à l’article 86 du code des télécommunications pour poursuivre et incarcérer des journalistes et des voix dissidentes. L’organisation réclame la libération immédiate et sans condition de l’ensemble des prisonniers d’opinion, affirmant que leur place est dans le débat public et non derrière les barreaux. Ces outils législatifs, dénoncés comme des instruments de répression, font l’objet de critiques croissantes de la part des défenseurs des droits humains à l’échelle nationale et internationale.
Un prix annuel ouvert aux médias écrits, audiovisuels et web
Concrètement, le Prix Amnesty – Kamel Labidi récompensera chaque année des travaux journalistiques distingués par leur courage éditorial et leur contribution à la promotion des droits humains, toutes plateformes confondues : presse écrite, audiovisuel et médias en ligne. Les critères de candidature et le calendrier précis seront communiqués prochainement via les canaux officiels d’Amnesty International Tunisie, selon l’organisation.

