Onze ans. C’est le temps qu’il aura fallu au Club Africain pour retrouver le sommet du football tunisien. Dimanche soir, au terme du 144e derby de la capitale, les « Rouge et Blanc » ont renversé l’Espérance de Tunis sur le fil, grâce à un but de Ghaith Zaalouni à la 90e+14, soit la 104e minute de jeu. Un dénouement digne des plus grands scénarios du football, qui offre au Club Africain son titre de champion de Tunisie pour la saison 2025-2026.
Un bloc défensif face à une domination stérile
Le 144e derby de la capitale s’est ouvert sur une configuration tactique claire : l’Espérance de Tunis, dans l’obligation de s’imposer pour maintenir ses espoirs de titre, a pris les rênes du jeu dès les premières minutes. Les « Sang et Or » ont occupé le terrain, enchaîné les séquences de possession et tenté de déstabiliser un Club Africain replié dans une organisation défensive rigoureuse.
Pourtant, cette maîtrise territoriale espérantiste n’a jamais trouvé de traduction concrète face à un dispositif clubiste hermétique. Consciente qu’un seul point suffisait à valider mathématiquement le titre, l’équipe de Beb Jedid a fait le choix d’un bloc compact, laissant l’adversaire s’user contre ses lignes. En première période, la première frappe cadrée du Club Africain n’est apparue qu’à la 38e minute, signe d’une stratégie assumée et parfaitement exécutée.
Ce match illustre la cohérence de toute une saison : 19 victoires au compteur, une défense qui a rarement cédé, et un collectif soudé autour d’un projet de jeu sobre mais efficace. Le Club Africain n’a pas cherché à dominer ses adversaires par le beau jeu ; il les a étouffés par la discipline et l’organisation.
Tension, fumigènes et ajustements tactiques en deuxième mi-temps
Au retour des vestiaires, le score demeurait vierge et l’Espérance cherchait à changer la dynamique. Le technicien français aux commandes du club sang et or a procédé à des ajustements en lançant notamment Amenallah Hemidhi et Yann Sasse pour apporter du dynamisme à l’attaque et tenter de percer la muraille clubiste. Ces rotations n’ont cependant pas suffi à modifier l’équilibre du match.
La rencontre a également été perturbée par une interruption liée à un usage massif de fumigènes dans les tribunes, révélateur d’une atmosphère électrique dans le stade. La pression des supporters, conjuguée aux enjeux sportifs considérables, a rendu ces moments particulièrement tendus. De part et d’autre, les changements successifs n’ont pas réussi à débloquer un scénario qui semblait inexorablement se diriger vers un match nul.
La question de la gestion du temps additionnel allait alors devenir l’élément central de ce derby. L’arbitre autrichien désigné pour officier cette rencontre a accordé pas moins de 14 minutes supplémentaires, un délai qui a suffi pour transformer un résultat ordinaire en épilogue extraordinaire.
Zaalouni, l’homme du destin à la 90e+14
Alors que le nul blanc paraissait inévitable et que le Club Africain s’apprêtait à célébrer un titre mérité mais acquis sans éclat particulier, le football a offert l’un de ses moments les plus improbables. À la 90e+14, sur un contre éclair, le défenseur Ghaith Zaalouni a surgi au bon endroit pour placer le seul et unique but de la soirée. Une frappe, un but, un titre.
Ghaith Zaalouni, défenseur de formation, entre dans l’histoire du Club Africain par la plus grande des portes. Son but, inscrit dans les derniers instants d’une rencontre qui semblait figée, a déclenché une liesse immédiate sur le banc et dans les tribunes clubistes. Ce coup du sort a définitivement clos le débat sur le titre : avec cette 19e victoire de la saison, le Club Africain grimpe à 65 points au classement, soit cinq longueurs d’avance sur l’Espérance de Tunis.
Le titre de champion de Tunisie 2025-2026 est donc officiellement acquis. Selon les informations relayées par Webmanagercenter, ce sacre met fin à onze années de disette pour le club de Bab El Jedid, une période marquée par des hauts et des bas, des reconstructions et des déceptions. Ce dimanche soir, les « Rouge et Blanc » ont soldé cette longue attente de la manière la plus spectaculaire qui soit.
Au-delà du symbole du derby gagné au bout du suspense, ce titre récompense une saison bâtie sur des fondations solides : une défense parmi les plus imperméables du championnat, une régularité comptable remarquable et une capacité à gérer les moments cruciaux avec sang-froid. Onze ans après leur dernier sacre, les supporters clubistes peuvent laisser éclater leur joie. Beb Jedid est de retour au sommet.

