L’Allemagne, 2ème investisseur en Tunisie : le groupe LAPP s’installe à Sousse

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Un centre d’études d’ingénierie dédié à la recherche et au développement technologique vient d’ouvrir ses portes à Sousse, sous l’égide du groupe allemand LAPP, géant mondial de la fabrication de câbles électriques, de fils conducteurs et de solutions de connexion. Cette inauguration, tenue mardi 13 mai, a été l’occasion pour le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, de rappeler une donnée qui illustre la solidité des liens économiques tuniso-allemands : l’Allemagne occupe aujourd’hui la deuxième place parmi les investisseurs étrangers en Tunisie.

Un signal fort de la confiance allemande dans le tissu économique tunisien

La cérémonie d’inauguration à Sousse n’était pas qu’un simple ruban coupé. Elle a cristallisé, selon le ministre Samir Abdelhafidh, une réalité que les chiffres confirment. En 2025, dix nouveaux projets d’origine allemande ont été lancés sur le sol tunisien, tandis que 88 projets déjà existants ont fait l’objet d’extensions significatives. Des données citées par la représentante de l’ambassade d’Allemagne à Tunis et reprises par le ministre lors de son allocution.

Ces chiffres traduisent une dynamique d’investissement qui ne s’essouffle pas. Loin de se limiter aux industries traditionnelles, la présence allemande en Tunisie s’étend désormais à des secteurs à forte intensité technologique, comme en témoigne l’implantation de ce centre R&D par le groupe LAPP. Pour le ministre, ce type d’investissement incarne exactement ce que l’État tunisien cherche à attirer : des projets créateurs d’emplois qualifiés pour les diplômés de l’enseignement supérieur et générateurs d’une valeur ajoutée substantielle pour l’économie nationale.

Le groupe LAPP, dont le siège est basé à Stuttgart, est reconnu mondialement pour son expertise dans les systèmes de câblage et de connexion utilisés dans l’industrie, l’automatisation et les énergies renouvelables. Son choix de Sousse pour y installer un centre de recherche et développement n’est pas anodin : il témoigne d’une lecture stratégique du potentiel humain tunisien, et notamment de la qualité de ses ingénieurs et techniciens.

Le capital humain tunisien, argument de poids face aux investisseurs mondiaux

Samir Abdelhafidh a insisté sur un point que les décideurs économiques tunisiens mettent régulièrement en avant : depuis l’indépendance, la Tunisie a consenti des efforts considérables pour développer ses ressources humaines. Des investissements massifs dans l’éducation et la formation ont permis de constituer un vivier de compétences techniques et scientifiques qui continue d’attirer des groupes industriels de premier rang.

Le ministre a souligné que l’ouverture de ce centre par LAPP reflète précisément cette reconnaissance internationale du savoir-faire tunisien. Quand une multinationale de l’envergure de LAPP choisit de localiser ses activités de recherche et développement en Tunisie plutôt que dans d’autres pays concurrents de la région, c’est un signal clair adressé à l’ensemble de la communauté des investisseurs, selon L’Économiste Maghrébin.

La Tunisie forme chaque année des milliers d’ingénieurs dans des spécialités variées : génie électrique, mécatronique, informatique industrielle, automatisme. Des profils précisément adaptés aux besoins des industries de haute technologie comme celle que représente le groupe LAPP. Ce réservoir de talents constitue l’un des arguments commerciaux les plus solides que les agences de promotion de l’investissement mettent en avant pour séduire les décideurs étrangers.

Au-delà des compétences techniques, d’autres facteurs jouent en faveur de la Tunisie : la proximité géographique avec l’Europe, un coût salarial compétitif par rapport aux marchés occidentaux, et des accords de libre-échange qui facilitent les échanges commerciaux avec l’Union européenne. L’Allemagne, premier partenaire commercial de la Tunisie parmi les pays de l’UE, entretient des liens économiques qui remontent à plusieurs décennies et qui continuent de se densifier.

L’État tunisien réaffirme son engagement en faveur de l’investissement productif

Le discours du ministre Abdelhafidh à Sousse a également été l’occasion de réaffirmer la position de l’État tunisien vis-à-vis de l’investissement étranger. Sans ambiguïté, le ministre a rappelé que les pouvoirs publics entendent encourager et accompagner les projets qui s’inscrivent dans une logique de création d’emplois durables et de montée en gamme industrielle.

Cette orientation correspond à une priorité affichée par les autorités tunisiennes dans un contexte économique où la question du chômage des diplômés demeure une préoccupation centrale. La multiplication des projets industriels à contenu technologique élevé est perçue comme l’un des leviers permettant d’absorber une partie de cette main-d’œuvre qualifiée qui peine parfois à trouver des débouchés dans le tissu économique local.

L’implantation d’un centre de R&D par LAPP s’inscrit dans cette logique : elle ne génère pas seulement des emplois directs, elle contribue aussi au transfert de compétences, à la diffusion de pratiques d’ingénierie avancées et à l’intégration progressive de la Tunisie dans les chaînes de valeur mondiales de l’industrie technologique.

La relation entre la Tunisie et l’Allemagne illustre par ailleurs un modèle de partenariat qui va au-delà des simples flux commerciaux. Les deux pays ont développé une coopération dans les domaines de la formation professionnelle, de l’apprentissage dual et du transfert de technologies. Des programmes soutenus par des institutions comme la GIZ, l’agence allemande de coopération internationale, renforcent ce socle relationnel et facilitent l’ancrage des entreprises allemandes sur le marché tunisien.

Que ce soit dans les zones industrielles de Sousse, de Sfax ou dans le Grand Tunis, la présence d’entreprises allemandes est désormais structurante dans plusieurs secteurs : automobile, électronique, chimie, logistique. La position de deuxième investisseur étranger en Tunisie n’est donc pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une stratégie d’implantation progressive et cohérente, portée par des entreprises qui ont trouvé dans la Tunisie un environnement propice à leurs activités à long terme.

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