La direction de l’Étoile Sportive du Sahel traverse une zone de turbulences sans précédent. Après le départ fracassant de son président, c’est désormais le vice-président Ahmed Gafsi qui a officiellement remis sa démission au secrétariat général du club, plongeant l’institution sportive de Sousse dans une incertitude profonde quant à son avenir à court terme.
Une démission qui s’ajoute à une crise de gouvernance
Ahmed Gafsi, qui occupait le poste de vice-président au sein du bureau directeur de l’Étoile Sportive du Sahel, a formellement notifié sa décision de quitter ses fonctions en adressant sa démission au secrétariat général du club. Ce départ intervient dans un contexte particulièrement délicat pour l’une des formations les plus titrées du football tunisien.
Quelques semaines seulement après que Fouad Kacem, président du club, a annoncé sa propre démission — et ce à peine cinq mois après avoir pris la tête de l’institution — c’est donc un second pilier de l’organe dirigeant qui jette l’éponge. Deux départs au sommet en si peu de temps constituent un signal d’alarme difficile à ignorer pour les supporters et les observateurs du football tunisien.
Selon les informations relayées par Mosaïque FM, la démission de Gafsi a bien été enregistrée par le secrétariat général, sans qu’aucune déclaration publique n’ait été faite à ce stade pour expliquer les motivations profondes de ce choix. Le silence autour de cette décision alimente les spéculations sur d’éventuels désaccords internes ou sur des difficultés structurelles au sein de l’administration du club.
L’ESS confrontée à une instabilité dirigeante inquiétante
Pour comprendre l’ampleur de la situation, il convient de rappeler le contexte dans lequel évolue l’Étoile Sportive du Sahel depuis plusieurs mois. Le club sahélien, fondé en 1925, est une institution du sport tunisien et africain, avec un palmarès impressionnant sur les scènes nationale et continentale. Pourtant, sur le plan de la gouvernance, les derniers mois ont mis en lumière des failles sérieuses dans la conduite des affaires internes.
Fouad Kacem avait pris la présidence du club avec des ambitions affichées, mais son passage aux commandes aura été de courte durée. Cinq mois après son installation, il a annoncé son départ, sans que les raisons officielles n’aient été pleinement explicitées publiquement. Cette démission avait déjà suscité de nombreuses interrogations sur la capacité du club à maintenir une ligne directrice stable, capable de porter un projet sportif cohérent sur le moyen terme.
La démission d’Ahmed Gafsi vient compliquer davantage l’équation. Lorsque des cadres dirigeants quittent leurs postes de façon rapprochée, cela fragilise non seulement la structure administrative du club, mais aussi sa crédibilité auprès de ses partenaires, de ses joueurs et de ses supporters. La question de la continuité institutionnelle se pose avec acuité.
Un club aux ressources humaines dirigeantes mises à l’épreuve
L’Étoile Sportive du Sahel n’est pas à son premier épisode de turbulences administratives, mais la conjonction de ces deux démissions successives — celle du président puis celle du vice-président — en fait un moment charnière dans la vie du club. Les instances du football tunisien, notamment la Fédération Tunisienne de Football, pourraient être amenées à surveiller de près l’évolution de la situation pour s’assurer que le club dispose bien d’une direction opérationnelle capable de remplir ses obligations sportives et administratives.
Du côté des supporters de l’ESS, nombreux sont ceux qui suivent avec anxiété ces développements. L’Étoile reste l’un des clubs les plus populaires de Tunisie, avec une base de fans fidèle et exigeante, qui attend des réponses claires sur l’avenir de l’institution. Les réseaux sociaux ont été le théâtre de nombreuses réactions, entre incompréhension, colère et appel à la mobilisation pour trouver des solutions durables à cette crise de leadership.
La question qui se pose désormais est celle de la capacité du club à reconstituer rapidement une équipe dirigeante soudée et légitime, en mesure de répondre aux défis sportifs et financiers du moment. L’ESS doit continuer à honorer ses engagements en championnat et dans les compétitions africaines, ce qui nécessite une direction opérationnelle pleinement fonctionnelle, au-delà des crises personnelles ou politiques internes.
Les prochains jours seront déterminants pour savoir si d’autres membres du bureau directeur choisiront également de se retirer ou si, au contraire, les instances restantes parviendront à stabiliser la situation et à ouvrir la voie à une transition ordonnée vers une nouvelle direction. L’histoire récente du football tunisien montre que ces périodes de vide institutionnel peuvent durer et peser lourdement sur les performances sportives d’un club, si elles ne sont pas gérées avec célérité et transparence.

